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1856 -1919 Collège Richelieu
1910-1920 Hôpital départementale de Guerre
1921-1972 Grand Séminaire

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Une partie de nos archives est consultable sur cette page. Les fonds documentaires ARCHIVES DU GRAND SÉMINAIRE sont soumis à des droits d'accès qui peuvent être consultés sur le site internet où sur place, uniquement sur rendez-vous et après autorisation de l'association. Cette mesure vise à préserver les documents, à respecter les droits de diffusion et à éviter toute reproduction ou utilisation non autorisée. Les consultations sont réservées aux chercheurs, historiens, étudiants et passionnés justifiant d'un projet de recherche ou d'un intérêt patrimonial. Les archives ainsi préservées alimentent nos publications, nos expositions, nos recherches historiques et les contenus présentés sur notre site internet.

Histoire du Grand Séminaire de hier à haujourd'hui

La loi Falloux, qui autorise la création d’écoles libres (primaires et secondaires) par des particuliers, des associations ou des congrégations religieuses, est adoptée par l’Assemblée législative le 15 mars 1850.

Dans ce contexte, Monseigneur Baillès, évêque de Luçon, décide de fonder la première école libre de Vendée. Pour concevoir cet établissement, il fait appel à l’architecte parisien Émile Boeswillwald, qui s’inspire du collège Sainte-Marie d’Oscott, près de Birmingham, en Angleterre.

Le 15 juillet 1851, la première pierre de la future institution est posée. Celle-ci reçoit le nom de Sainte-Marie et Saint-Joseph.

Dès 1852, l’ensemble des bâtiments entourant la cour d’honneur est achevé. La première rentrée scolaire a lieu en octobre 1856. Quelques années plus tard, sous l’épiscopat de Monseigneur Delamare, l’établissement est renommé Institution Richelieu.

Gravure blason du collège Richelieu - Archive LPR*

En 1869 débute la construction de l'aile nord-est et du réfectoire. Enfin, entre 1880 et 1882, la chapelle est édifiée aux dimensions d'une véritable église, conçue par l'architecte départemental Victor Claire et l'entrepreneur luçonnais Henri Hibert, achevant ainsi l'ensemble architectural.

Selon les périodes, l'Institution Richelieu accueille en moyenne 150 élèves, l'effectif atteignant un maximum de 243 pensionnaires. L'établissement assure un enseignement de type classique, incluant le français, le latin, les mathématiques, la philosophie, la rhétorique, l'histoire, la géographie, les sciences naturelles ainsi que les langues vivantes. Cette formation intellectuelle est complétée par une éducation religieuse, morale et physique, conformément aux principes de l'enseignement catholique. Les élèves pratiquent notamment la musique, l'escrime, le football et le hockey, le volley... Le collège dispose d'importantes infrastructures : salles d'étude, dortoirs, réfectoire, infirmerie, salle de théâtre, musée pédagogique, chapelle, cour de récréation ainsi que de vastes jardins. Le rythme quotidien est ponctué par les cours, les études surveillées, les offices religieux, les repas et les activités, organisés selon une discipline rigoureuse.

 

Photographie Escrime - Archive LPR*

 

À la suite de la loi de séparation des Églises et de l'État de 1905, et au souhait de Mgr Garnier d'affecter les bâtiments à l'installation d'un grand séminaire, le transfert du collège Richelieu vers La Roche-sur-Yon fut très vite envisagé. Le collège fonctionne normalement jusqu'à l'adoption de la loi de la séparation des Églises et de l'État, le 9 décembre 1905, qui a entraîné sa fermeture. En 1912, Propriété de l'État, les bâtiments sont attribués à la Ville. Considérant l'ampleur de l'ensemble immobilier ainsi que l'importance des travaux de restauration à entreprendre, la municipalité envisage alors de le vendre afin de financer la construction d'une école supérieure de jeunes filles. Le 19 mai 1914, des catholiques rachetèrent l'évêché et le collège Richelieu, permettant ainsi la réouverture de l'établissement.

 

 

Photographie Cours des Petits - Archive LPR*

 

Dès la déclaration de la Première Guerre mondiale, un Hôpital Complémentaire Temporaire (HC 46) fut aménagé, le 26 août 1914, dans les locaux du collège. Doté d'une capacité de 330 lits, il constitue le plus important établissement hospitalier militaire du département. Placé sous l'autorité directe des services de santé de l'armée, il assura sa mission d'accueil jusqu'à la fin du conflit, en 1918, tandis que les élèves de l'Institution Richelieu poursuivaient leur scolarité dans des locaux provisoires. Au cours de son fonctionnement, l'établissement accueillit près de 2 200 blessés.

Carte postal Guerre 1914 - Archive LPR*

En 1919, l'Institution Richelieu fut entièrement transférée à Mirville, à La Roche-sur-Yon. Sous l'épiscopat de Mgr Catteau, le diocèse entreprit alors la transformation des bâtiments en Grand Séminaire. D'importants travaux de réaménagement furent engagés : les anciens dortoirs furent divisés en chambres, un vaste réseau de chauffage central ainsi que les installations d'eau et d'électricité furent mis en place. L'aménagement des combles, réalisé entre 1942 et 1954, vint compléter ces transformations.

Carte postal du Grand Séminaire - Archive LPR*

Le Grand Séminaire de Luçon ouvrit ses portes en 1921 et connut son apogée en accueillant jusqu'à 258 séminaristes. La chapelle fut le cadre de nombreuses célébrations religieuses, notamment des ordinations et des mariages, tandis que plusieurs cérémonies se déroulaient dans les rues de Luçon avant de rejoindre la cathédrale.

Véritable « ville dans la ville », le Grand Séminaire offrait à ses occupants un cadre de vie largement autonome, où se mêlaient études, prière, vie fraternelle et formation pastorale. Les journées des séminaristes étaient rythmées par un emploi du temps précis. Elles commençaient par un temps de prière personnelle, suivi de l'office des Laudes et de la messe. Après le petit-déjeuner, les matinées étaient consacrées aux cours de philosophie, de théologie, de Sainte Écriture, de liturgie, d'histoire de l'Église ou encore de droit canonique. Les après-midis alternaient entre le travail personnel, les conférences, les rencontres avec les formateurs et la préparation aux futures responsabilités pastorales.

La vie spirituelle occupait une place centrale dans cette formation. Outre la célébration quotidienne de l'Eucharistie, les séminaristes participaient aux offices de la Liturgie des Heures, à des temps d'oraison silencieuse, d'adoration eucharistique et bénéficiaient d'un accompagnement spirituel régulier.

La vie au Grand Séminaire ne se limitait cependant pas aux études et à la prière. Les repas pris en commun, les promenades dans le parc, les activités sportives, les jeux, les veillées récréatives, les répétitions de chant ou de musique, ainsi que les échanges fraternels constituaient des moments privilégiés de détente. Ces temps permettaient de développer l'esprit de communauté, la convivialité et l'équilibre humain, dimensions essentielles de la formation des futurs prêtres.

Photographie Les Séminariste - Archives Diocèse de Luçon

À certaines périodes de l'année, les séminaristes quittaient temporairement le séminaire pour vivre des stages en paroisse, participer à des pèlerinages, à des retraites spirituelles ou à diverses missions auprès des fidèles du diocèse de Luçon, mettant progressivement en pratique l'enseignement reçu.

Les séminaristes poursuivirent leur formation au Grand Séminaire de Luçon jusqu'à la fermeture définitive de l'établissement en 1972. Durant plus d'un demi-siècle, ce lieu marqua profondément la vie religieuse du diocèse en formant plusieurs générations de prêtres et en constituant un centre majeur de la vie ecclésiale vendéenne.

Dans les années 1980-1985, la conciergerie et l'aile ouest accueille l'école maternelle privée Les Mouettes dirigées par les sœurs. Lorsque la Ville rachète le Grand Séminaire à l'Évêché en 1989, plusieurs projets sont alors étudiés, notamment l'aménagement de commerces, la création d'un hôtel et d'un auditorium dans la chapelle. En 1992, des travaux sont entrepris pour la réfection de la toiture de la chapelle. Cependant la commune se heurte à d'importantes difficultés juridiques et financières.

De 1996 à 1998 le festival européen de musique romantique "Les Nocturnes Océanes" est organisé par l'association "Opéra du terroir" dans la cours centrale et à l'intérieur de la chapelle du Séminaire sous l'impulsion du maire Dominique Souchet.

 

Affiche Les nocturnes Océanes 1997- Archive LPR* 

Photographie - Article Ouest France 26 juillet 1996

 

La tempête de décembre 1999 provoque de graves dommages au bâtiment : de nombreuses ardoises sont arrachées des toitures et plusieurs fenêtres voient leurs vitres brisées. 

En 2000, l'aile sud-est est restaurée afin d'accueillir l'Institution supérieure des Établières. La municipalité fait retirer les vitraux de la chapelle afin d'assurer leur préservation. En 2007, l'ancien Grand Séminaire, alors inoccupé, est vendu à une société nantaise porteuse d'un ambitieux projet de transformation en hôtel de prestige. Les travaux entrepris ne permettront toutefois pas de mener le projet à son terme et l'édifice continue de se dégrader. La société est finalement placée en liquidation judiciaire quelques années plus tard. 

Depuis lors, l'édifice entre dans une longue période sombre et d'abandon. Privé de tout entretien, il subit une dégradation progressive des intempéries mais rapide sous l'effet conjugué des actes de vandalisme, des vols et des dégradations volontaires. Cette période est également marquée par un grave accident sur le site, témoignant de son état de péril.

À partir de 2013, le Grand Séminaire est mis en vente par le tribunal de commerce de Nanterre. Il est alors adjugé à la famille Palardy, qui entreprend d'importants travaux, notamment la restauration des façades ainsi que la mise hors d'eau et hors d'air de la chapelle. Le 3 juin 2018, le jeune propriétaire organise, en partenariat avec l'Amicale des Bocains et la Ville de Luçon, une journée portes ouvertes sur le site. Cet événement rencontre un succès remarquable, attirant près de 10 000 visiteurs, venus découvrir ou redécouvrir ce lieu emblématique, exceptionnellement ouvert au public.

Malgré les premières interventions engagées pour préserver l'édifice, l'absence de soutien financier et le refus des établissements bancaires d'accorder les prêts nécessaires contraignent finalement le propriétaire à céder la propriété en 2018.

Aujourd'hui encore, l'état de conservation de ce remarquable patrimoine luçonnais demeure préoccupant et son avenir reste incertain. Bien que les toitures soient fortement dégradées, l'édifice conserve une structure remarquablement solide. Plus de cinquante ans d'abandon n'ont pas altéré la qualité de sa conception architecturale ni la résistance de certains matériaux qui le composent. Ce monument témoigne du savoir-faire de ses bâtisseurs et de la robustesse exceptionnelle de sa construction. Les études de faisabilité, l'évaluation de l'état du bâtiment, l'estimation des coûts ainsi que le respect des nombreuses normes applicables constituent des défis particulièrement complexes pour un monument de cette envergure.

Photographie - LPR*

 

Le Grand Séminaire constitue néanmoins un témoignage majeur de l’histoire religieuse, éducative, culturelle et architecturale de la Vendée. Sa construction illustre également le rôle joué par l’activité commerciale du port de Luçon dans le développement des grands projets institutionnels et ecclésiastiques du territoire. L’écrivain vendéen Jean Yole y a effectué une partie de ses études, en ce lieu.

Préserver la mémoire de l’ancien Grand Séminaire, c’est lui permettre de traverser le temps.

Rédigé par les membres de l'association Les Phénix de Richelieu - Sources : Diocèse de Luçon, Ville de Luçon, archives personnel, Ouest France, témoignage.

*LPR - Les Phénix de Richelieu

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